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  • Lorène

« Soufi, mon amour » : mon amour de livre

Dernière mise à jour : 29 janv. 2021

Bonjour les chatons, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui, j’ai décidé de m’attaquer au fabuleux roman Soufi, mon amour, de Elif Shafak. J’avais déjà précisé qu’il s’agissait de mon livre préféré. Publié en 2010, je l’ai découvert en 2018 par un pur concours de circonstances.


Avant de vous donner mon avis sur ce livre, j’aimerais tout d’abord vous expliquer à quel point il a changé ma vie, ou plutôt comment il a été le point de départ d’une vie nouvelle…

En cette fin de mois de janvier 2018, il faisait froid et j’étais très fatiguée par le souci que me causait mon avenir. J’étais en Master 2, je voulais absolument faire un doctorat, écrire une thèse, et je cherchais un financement qui me permettrait de réaliser mon projet professionnel. Dans cet état de perpétuel tourment, je traînassais sur les réseaux sociaux pour éponger mes émotions. Je tombe alors sur une publication d’une ‘‘instagrammeuse’’ sur laquelle figure en légende d’une photo parfaitement cadrée, une citation de Soufi, mon amour. À cette époque, je ne savais pas ce qu’était un soufi, mais la citation m’a directement paru lourde de sens et m’était tellement familière, que j’ai décidé, dès le lendemain, de me procurer ce livre.


Je l’ai lu.


J’ai bien mis trois semaines pour le terminer. Non pas qu’il était long, mais bien parce que je profitais et me délectais de chaque passage. Ce livre est d’une beauté époustouflante. Autant il est très bien écrit, la traductrice (Dominique Letellier) a su trouver les mots français justes pour toucher le lecteur, autant on sent qu’Elif Shafak a énormément travaillé sur le fond pour nous offrir une merveille.


L’histoire se déroule en deux temps. Tout d’abord, de nos jours, Ella est une mère et une épouse dans la fleur de l’âge qui a un emploi de relectrice dans une maison d’édition. Elle tombe alors sur le manuscrit « Doux blasphème » d’un certain Aziz, un homme soufi qui a retracé la vie du poète Rûmî au XIIIème siècle. Une mise en abîme extraordinaire dans laquelle nous suivons le parcours d’Ella dans la découverte du soufisme et surtout de l’amour le plus pur qui soit. La rencontre entre Rûmî et son compagnon spirituel Shams de Tabrîz est le cœur du roman. Rûmî est un poète soufi, et cette rencontre fera, entre autres, de lui le fondateur de l’ordre des derviches tourneurs.


Leur rencontre est magnifiquement bien illustrée, comme si on y était, Elif Shafak nous transporte en pleine Anatolie du XIIIème siècle. À Konya, dans l’actuelle Turquie, Rûmî est un chef spirituel respecté. Sa rencontre avec Shams de Tabrîz, un derviche errant, va bouleverser sa vision du monde qu’il va désormais percevoir sous le prisme de l’amour. Il écrira sans doute les plus beaux poèmes de tous les temps. Un épisode malheureux le plongera dans une tristesse infinie, il ne se consolera qu’auprès de Dieu, en tournoyant… La danse des derviches tourneurs est plus qu’une simple danse, il s’agit d’une transe permettant une union avec le divin. Cette pratique ainsi initiée par Rûmî survit encore aujourd’hui, notamment en Turquie où l’ordre Mevlevi (de « Mevlana » qui désigne la personne de Rûmî) est le plus important des ordres soufis.


Je vous conseille grandement ce livre. Peut-être n’aura-t-il pas le même effet sur vous que sur moi, mais je peux vous assurer que vous ne sortirez pas indemne d’une telle lecture. J’y reviens d’ailleurs souvent. Le titre original de cette œuvre est « Forty rules of love », qui est à mon sens bien plus évocateur que le titre français. Au fil du roman, Shams de Tabrîz nous enseigne les quarante règles de l’amour. Ma préférée est celle-ci : « L’esseulement et la solitude sont deux choses différentes. Quand on est esseulé, il est facile de croire qu’on est sur la bonne voie. La solitude est meilleure pour nous, car elle signifie être seul sans se sentir esseulé. Mais en fin de compte, le mieux est de trouver une personne, la personne qui sera votre miroir. N’oubliez pas que ce n’est que dans le cœur d’une autre personne qu’on peut réellement se trouver et trouver la présence de Dieu en soi. ».


Quoiqu’il en soit, après la lecture de ce livre, j’ai décidé de mettre l’amour au centre de ma vie. De l’amour et de la bienveillance dans mon travail, dans ma vie personnelle, dans les actes que j’accomplis chaque jour, avec moi-même et surtout avec tout le monde, même les personnes qui pourraient ne pas le mériter. Je ne suis personne pour juger qui mérite d’être aimé ou non. Je ne suis personne pour maltraiter quel qu’être vivant que ce soit. De la plante à l’animal et aux êtres humains, l’amour est la meilleure des ressources.


Avec tout mon amour,


Lorène

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