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  • Solène

« Les Liaisons dangereuses » : une critique ingénieuse de la haute société française du 18ème siècle

Ami.e.s lecteurs.trices, bien le bonjour ! J'espère que vous vous portez bien.

Il est grand temps de vous parler d’un livre qui traînait depuis BIEN TROP longtemps dans ma bibliothèque et dont les pages ont même commencé à jaunir.


Je me suis dit que je devais me mettre plus sérieusement aux classiques de notre littérature, aussi j’ai combattu mes réticences envers celui-ci et j’ai franchi le pas ! Attaquons-nous donc aux Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos (et encore, c’est son nom abrégé).

Une amie m’en avait dit beaucoup de bien, eh bien je n’ai pas été déçue ! Quoiqu’un peu déroutée au début par le style plus que soutenu de l’expression écrite… Mais bon, il faut bien admettre que Laclos nous fait renouer avec notre belle langue française et ses temps verbaux obscurs que plus personne n’utilise de nos jours.


L’intégralité du roman est un recueil de lettres que les différents protagonistes s’envoient à tour de rôle, et l’on suit principalement les manigances ingénieuses du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil qui se lancent dans une sorte de compétition à qui aura le plus de conquêtes et qui sera le plus habile dans ses combines machiavéliques.


Pour moi, le style épistolaire de l’œuvre est un tour de force, dans un petit pavé qui aurait vite pu devenir indigeste. Mais, au travers de toute cette correspondance, Laclos instaure un rythme frénétique et ne laisse aucun temps mort s’installer. Dès le début et jusqu’à la fin, on se prend immanquablement au jeu du Vicomte de Valmont et de la Marquise de Merteuil, avide de connaître la suite et les conséquences de leurs ruses savamment orchestrées. Ces deux-là se renvoient la balle à coup de lettres, telles des boomerangs, et les missives s’enchaînent et se dévorent sans modération. Les échanges entre les autres personnages sont également intéressants et donnent encore plus d’épaisseur à l’histoire, et il est véritablement satisfaisant (et un peu malaisant, c’est vrai) de sentir la mascarade prendre sur eux et des quiproquos en découler.


En parlant des personnages, ceux-ci sont terriblement humains dans leurs agissements et leurs contradictions… On s’y attache, on les comprend, on les plaint, on les déteste tout en les admirant aussi… L’innocente ingénue découvre des tentations alléchantes. Le trompeur se perd dans les affres de l’amour. L’âme vertueuse en proie aux doutes lutte pour ne pas succomber aux plaisirs faciles. Le dévoué s’égare des sentiers de la chevalerie… Le caractère de chacun arrive à se différencier et à transparaître dans les différents styles d’écriture des lettres (chapeau Laclos !) et c’est un régal.


À sa parution, ce livre a reçu de très vives critiques, lui reprochant de faire la promotion du libertinage, ce qui lui a même valu d’être censuré pendant longtemps. En fin de compte, c’est une fresque psychologique et sociétale bien plus complexe, un regard honnête et sans fard sur son époque que nous livre Laclos avec ses Liaisons Dangereuses, perçant à jour les non-dits, les fantasmes non-assumés et l’hypocrite bien-pensance de la haute société française du XVIIIème siècle.


Je ne vais pas mentir en disant que j’ai lu ce roman avec facilité. En effet, je ne suis pas une grande habituée de littérature classique. J’ai donc eu un peu de mal à interpréter certains passages tant le style était ultra-soutenu (l’abus de litotes est dangereux pour la compréhension, à utiliser avec modération).


Moralité : si les subjonctifs imparfaits ne vous font pas peur, foncez !


Solène

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