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  • Solène

"Le Front russe" : embarquement immédiat... ou presque

Bonjour les chatons ! J’espère que vous allez bien et que vous avez bien démarré l’année 2021 !


Justement, pour ce début d’année, j’avais pour idée de vous parler d’un livre assez léger, pas trop « simpliste » non plus, et avec en prime un petit fond de réflexion derrière. J’ai donc farfouillé dans toute ma bibliothèque dans l’espoir de trouver le bon candidat, et je vous l’ai dégoté !


Aujourd’hui, nous partons donc à la découverte du Front russe, de l’auteur Jean-Claude Lalumière ! En ces temps de confinements et autres couvre-feux, ce roman est une petite invitation à l’évasion et au voyage, et une parfaite occasion de réfléchir un peu sur notre propre vie.



 

Le narrateur (qui n’a pas de nom dans le roman) rêve d’exercer un métier où il pourra satisfaire sa soif intarissable de voyages, attisée depuis l’enfance par une lecture assidue des magazines Geo de son oncle. Le jour où il réussit son concours d’admission au Ministère des Affaires étrangères, il quitte son Limousin natal et part s’installer à Paris, pensant son rêve sur le point de se réaliser… avant de sérieusement déchanter ! La brillante et palpitante carrière de diplomate qu’il s’imaginait aux quatre coins du monde ressemble plutôt à une ennuyeuse routine quotidienne bureaucratique dans des locaux plus ou moins attrayants, entre paperasserie et collègues improbables…

Malgré un talent inné pour les gaffes et les boulettes, (des « qualités » pas forcément recommandés en diplomatie…) notre héros aurait-il pourtant enfin une opportunité de mission à l’étranger… ?

 

Pour la petite histoire, j’ai reçu ce livre en guise de cadeau. Il était offert en librairie si vous achetiez tant de livres de la même collection, etc. Je ne l’ai donc pas vraiment choisi, et je n’en attendais rien de particulier.


Eh bien je dois vous avouer que j’ai franchement été très agréablement surprise en le lisant !

L’écriture à la première personne est très immersive, fluide et claire. On s’identifie dès les premières lignes à ce protagoniste pourtant dépourvu de nom et de prénom dont on va suivre les péripéties du début à la fin du roman. L’auteur manie également l’humour à la perfection et son personnage est à mourir de rire : les blagues, les réflexions, les piques, les situations cocasses : tout est hilarant et savamment dosé. Je pense honnêtement ne jamais avoir autant ri à la lecture d’un livre !

Évidemment on rit de ce jeune naïf qui quitte sa campagne perdue direction la bouillonnante capitale française, pensant se diriger vers une carrière internationale de diplomate. On rit de son désenchantement, qu’il est le premier à tourner en dérision. On rit de ses bourdes et de sa maladresse, de sa propension à gaffer malgré lui et qui va jeter de nombreux malaises dans ses relations avec ses collègues et sa hiérarchie.

Oui, pendant une bonne moitié du livre, on rit de bon cœur, et ça fait du bien, ce ton de légèreté !


Et puis, le roman glisse progressivement vers quelque chose de plus sombre, de plus mature, de plus profond, et d’un peu plus triste aussi. Adieu la franche rigolade : on ressent tout à coup très bien à quel point cette situation pèse sur le jeune homme, qui voit ses espoirs et ses attentes professionnelles s’envoler. Le plus déchirant pour nous lecteurs.trices, c’est de voir au fil des pages notre narrateur prendre conscience qu’il est petit à petit en train de sacrifier ses rêves, qui n’étaient peut-être pas forcément à sa portée. Nous avons certainement tous des rêves, alors s’imaginer devoir les abandonner pour mener une vie plus « terre à terre », plus en adéquation avec la société, c’est quelque chose d’émotionnellement assez dur et qu’on n’espère pas voir se produire…


Personnellement, ce petit roman m’a beaucoup touchée. Premièrement, j’ai été très réceptive à l’humour présent tout le long de l’ouvrage. Deuxièmement, j’adore voyager ; je me suis donc beaucoup retrouvée dans notre narrateur avide de nouveaux horizons. Je me suis identifiée à lui, j’ai ressenti ses peines et ses désillusions comme si je les avais vécues moi-même parce que je les comprenais totalement.


Pour résumer, Le Front russe est un roman qui fait beaucoup rire, et qui émeut aussi. L’auteur nous sert une galerie de gags hilarants et légers, mais nous entraîne pourtant subtilement sur le chemin de la réflexion et la fin, en demi-teinte, nous amène à nous remettre en question et à nous interroger nous-mêmes sur le sens de notre propre parcours et de ce que nous voulons vraiment faire de notre vie.


Pour moi une très bonne lecture pour débuter 2021, à l’heure où nous nous recentrons sur nous-mêmes pour prendre nos bonnes résolutions de la nouvelle année !


Bonne lecture les chatons, et je vous souhaite tous mes vœux de santé, de bonheur, d’amour et de réussite pour cette nouvelle année. 😊


Solène



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