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  • Solène

"L'île du docteur Faust" : réflexions sur la vie, la jeunesse et le temps qui passe

Dernière mise à jour : 16 janv.

Bonjour les chatons !


On se retrouve pour notre toute première critique de l’année 2022 !

Aujourd’hui, je vais vous parler de ma lecture du mois de décembre : L’île du docteur Faust, de Stéphanie Janicot, paru aux éditions Albin Michel.

Dès sa sortie, ce livre m’a tout de suite intriguée. Ayant étudié l’allemand pendant de nombreuses années durant mon parcours scolaire, je n’avais pourtant encore jamais lu le cultissime Faust de Goethe. Comme j’avais très envie de lire le nouveau roman de Stéphanie Janicot mais que je me doutais que l’autrice allait faire de nombreuses allusions et références à ce mythe, j’ai finalement franchi le pas et je me suis décidée à lire le Faust de Goethe avant.


Vous pouvez d’ailleurs retrouver la critique que j’ai faite de cet ouvrage sur notre site, ici.


Tandis que la nuit tombe, neuf femmes attendent l'arrivée d'un passeur qui doit les mener sur une île au large de la Bretagne. Toutes ont payé le prix pour suivre un programme leur promettant de retrouver leurs vingt ans. Seule l'une d'entre elles, invitée, s'est juré de résister à la tentation. Mais le séjour et le mystère grandissant qui l'entoure, tout autant que le trouble suscité par le docteur Faust, vont lui révéler la difficulté de refuser ce pacte diabolique.

 

Dans ce roman, on suit le séjour des neuf femmes sur l’île à travers les yeux de la protagoniste principale, Sydney, avec une narration à la première personne. Le style est agréable à lire, simple et sans prétention. Les chapitres sont courts, certains sont entièrement consacrés à la présentation d’un personnage présent sur l’île, d’après le point de vue de Sydney.

Les thèmes abordés et les questionnements philosophiques apportés par ce livre sont intéressants: la vie, ce qu’on en fait, ce qu’on en a fait, ce qu’on n’en a pas fait, ce qu’on aurait pu en faire, le temps qui passe, le temps de manière générale, l’âge, la jeunesse, la vieillesse, l’évolution du rapport au corps, etc., d’un point de vue féminin.


 

Chacune semblait partager avec moi une bonne raison de se trouver là, chacune semblait incarner une vie qui aurait pu être la mienne si j'avais fait d'autres choix. [...] D'une certaine façon, ces femmes [...] me confortaient à leur insu dans la satisfaction d'être moi-même, de n'être pas tombée dans les chausse-trapes de la vie.

 

Des mythes et légendes bretons, celtes, germaniques et grecs côtoient des références littéraires diverses (la jeunesse éternelle de Dorian Gray, Sartre…), donnant à l’histoire une atmosphère mythique et irréelle. Le travail de recherche étymologique et mythologique dans le choix des prénoms des personnages participe aussi grandement à ancrer le récit dans cette ambiance fantasmagorique qui s’installe petit à petit.

Les références au vieux mythe de Faust tel que rendu populaire par Goethe sont bien présentes comme je le pensais avant de commencer ma lecture ; j’étais donc contente de l’avoir lu avant pour mieux apprécier ce livre !

Concernant la fin du roman, elle n’est pas dénuée d’intérêt mais j’ai trouvé qu’elle arrivait un peu vite et je n’ai pas été conquise ni transcendée. Autrement dit, le dernier tiers du livre est plus fade que le reste, alors que le début était pourtant prometteur et intéressant.


D’une manière générale, malgré une petite déception sur la dernière partie et après avoir refermé le livre en restant un peu sur ma faim, cette Île du docteur Faust aura tout de même été une bonne découverte et un agréable moment de lecture, me donnant envie de découvrir d’autres romans de Stéphanie Janicot !



N'hésitez pas à nous faire part de votre avis en commentaire, si vous avez lu ce livre, ce que vous en avez pensé, si vous envisagez de le lire !


Quant à nous, on se retrouve très vite pour une nouvelle critique !



Solène
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