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  • Virginie

« L’Etranger » : une ode à l’absurde

Bonjour les chatons ! J’espère que vous allez bien en cette fin de semaine. Aujourd’hui, je voudrais faire un petit retour en arrière. En 2007 précisément. J’avais 15 ans. J’étais au lycée et j’ai étudié un roman. Un roman pas comme les autres. C’était une lecture obligatoire en classe de Seconde. Ce roman m’a profondément marqué. Le style de l’auteur également.


Peut-être qu’avec ces quelques lignes descriptives courtes et directes, avez-vous deviné de quel roman parle-je ? place à l’absurde avec un célèbre roman adapté en bande dessinée, l’Etranger, d’Albert Camus. Le roman paraît en 1942, la bande dessinée en 2013, par Jacques Ferrandez.

Si vous aviez aimé le roman, je ne peux que vous conseiller la bande dessinée qui en est une magnifique interprétation. Dès les premières scènes, le lecteur est plongé dans l’univers de Meursault, personnage principal. Les célèbres premières lignes de ce roman, courtes, directes et sans émotions, prennent vie grâce aux images de la bande dessinée.

Le décor est planté. Meursault perd sa mère et aucune expression ou aucune tristesse traverse ce jeune homme. Au fil des pages, Jacques Ferrandez illustre à merveille l’absurdité du personnage : il s’excuse de demander des jours de congés pour enterrer sa mère car « ce n’est pas sa faute », il souligne l’effroyable chaleur qu’il fait dans le bus, il apprécie le café qu’on lui sert alors qu’il se trouve dans la chambre mortuaire à vivre ses derniers instants avec sa défunte mère. Et ceci ne se passe que dans les premières pages. Imaginez la suite !

Albert Camus est le maître de l’absurde, un véritable « Etranger » comme l’indique si bien le nom du livre : étranger aux émotions, étranger aux sentiments, étranger à son environnement, étranger aux actions extérieures, étranger à lui-même.

Demandez à Meursault s’il va bien, et il vous répondra probablement « la question est absurde » !


Il est tellement étranger à tant de choses que c’est cette même absurdité, cette même étrangeté de rapports au monde qui va le pousser à commettre un acte irréparable. Tuer un homme à cause de la chaleur alors que l’histoire se passe en pleine Algérie, où la température est relativement peu clémente ? Voilà un mobile des plus absurdes, mais magnifiquement amené par Albert Camus. Même cet acte ne fera pas prendre conscience de cette forme de naïveté qui anime Meursault !


Tout au long de la bande dessinée, le lecteur découvre un personnage hors des lieux et hors du temps. Ils vont le suivre du décès de sa mère, à ses rencontres ; de ses moments absurdes au procès suite à l’acte qu’il a commis. Jusqu’aux dernières réflexions et discussions – encore une fois absurdes – avec l’aumônier avant son exécution.


Encore une fois, que vous ayez lu ou non le roman, je vous conseille la lecture de cette bande dessinée, magnifiquement interprétée et illustrée, dans le respect du roman d’origine. Le dessin, les couleurs, les textes issus du roman ; absolument tout y est.


D’ailleurs, la lecture de la bande dessinée peut aider à visualiser les messages que Camus a voulu faire passer et à prendre conscience de certains détails, plus ou moins volontaires. En tout cas, ce n’est que mon humble avis. Je vous partage celui qui m’a marqué. Au début du roman, alors qu’il vient de perdre sa mère, une des choses qui lui importe est de fumer une cigarette, peut-être une bouffée d’air chaud dans son monde sans chaleur – restons absurdes jusqu’au bout. A la fin de la bande dessinée, alors qu’il se sait condamné, ce même symbole réapparait avec la célèbre « dernière cigarette » avant le grand départ. Absurde, naïf et plein d’autres adjectifs peuvent qualifier Meursault mais sa ligne de conduite reste la même, qu’elle que soit la situation qu’il vit. La cigarette du début et fin de roman / bande dessinée a-t-elle eu la même saveur ? Je vous répondrais que la question est « absurde » ! 😉


Virginie

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