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  • Solène

"Faust" : célèbre mythe et pacte diabolique

Bonsoir les chatons !

Un mois jour pour jour après Les touristes du désastre de Yun Ko-Eun, il est grand temps de se retrouver pour une nouvelle critique !


Aujourd’hui, samedi 12 décembre 2021, pour cette 12ème case de notre Chat-lendrier de l’Avent, je vous parle de ma lecture du célébrissime Faust de Johann Wolfgang von Goethe.


Dans la version de Goethe, le docteur Faust, inspiré d’une vieille légende des pays germaniques, sait absolument tout de la médecine, de la philosophie, de la théologie et du droit. Désormais, c’est lui qui transmet sa science à ses élèves, mais lui-même n’a plus rien à apprendre. Cependant, conscient du caractère à jamais irrésolvable de certains mystères de l’univers qui résistent à son savoir et de son incapacité à les percer malgré toutes ses connaissances, Faust, las de vivre, décide de mettre fin à ses jours. C’est à partir de ce moment-là que l’Esprit infernal Méphistophélès fait son apparition pour proposer à Faust un pacte diabolique…



 

Alors, pourquoi ce choix de lecture peu commun ?

Eh bien, depuis sa sortie, j’avais très envie de lire L’île du docteur Faust de Stéphanie Janicot (qui est ma lecture en cours au moment où j’écris cette chronique), et afin d’être mieux armée pour comprendre toutes les références au mythe de Faust qui pourraient être faites dans le roman de Stéphanie Janicot, je me suis dit que ce serait une bonne idée de lire le Faust de Goethe avant.

De plus, après avoir fait huit ans d’allemand LV2 du collège à la fac, j’ai pensé que ce serait la moindre des choses de lire ENFIN ce monument de la littérature germanique.

Me voici donc à la mi-novembre dans la bibliothèque municipale de ma ville à emprunter l’édition Folio bilingue français-allemand (la seule qu’ils aient), et l’employé de la bibliothèque de me dire en rigolant : « Goethe dis donc… ça fait bien en société ! »


 

La lecture de Faust pouvait commencer ! D’emblée, je dois dire que le début n’est pas la partie la plus simple à lire. Il y a beaucoup de « prologues » (comme ils sont nommés) à la signification très obscure avant que l’histoire ne démarre réellement.


Si j’ai bien aimé la première partie avec l’apparition de Méphistophélès et les déambulations de celui-ci avec Faust, la deuxième partie depuis la rencontre avec Marguerite m’a parue beaucoup plus confuse. Le récit y fait souvent de grands bonds en avant, des passages sans importance apparente s’étalent sur des pages alors que des événements cruciaux ne sont pas explicitement mentionnés ; il faut quasiment déduire ce qui s’est passé entre temps à l’aide de la suite du texte, et je dois dire qu’il ne m’a pas toujours été facile de garder le fil de l’histoire.

De manière générale, je pense que le style n’est vraiment pas accessible à tout le monde. Tout est très intellectualisé, et je n’ai rien contre les choses intellectuelles, au contraire. Mais l’œuvre est truffée de mille et unes références (certaines qui ont glissé sur moi sans m’atteindre, d’autres que je n’ai sans doute même pas remarquées) rendant l’accès à sa signification profonde quelque peu hermétique à qui ne dispose pas d’une culture un peu poussée dans des domaines tels que la littérature, la mythologie, etc.


À ce sens, je comprends très bien que la lecture de Faust puisse sembler pour le moins inaccessible et en rebuter plus d’un.e.s.


C’est la raison principale pour laquelle je suis persuadée que Faust est le genre d’œuvre un peu obscure que je devrais voir jouée sur scène pour mieux la comprendre et l’apprécier véritablement.


 

"Mais partons ! Le monde grisaille déjà, l'air fraîchit, le brouillard tombe. Il faut attendre le soir pour aimer son logis." "Doch gehen wir ! Ergraut ist schon die Welt, Die Luft gekühlt, der Nebel fällt ! Am Abend schätzt man erst das Haus."

 

Enfin, concernant la forme, la version originale en allemand est en vers. J’ai lu le livre principalement en français (mon niveau d’allemand n’étant pas assez élevé pour prétendre lire Goethe en version originale), mais je me suis amusée à lire certains passages en allemand, et j’ai trouvé que les vers étaient très beaux.

La traduction de l’édition Folio bilingue que j’ai empruntée à la bibliothèque, signée de Jean Amsler et modernisée par Olivier Mannoni, n’est hélas pas versifiée. J’ai trouvé ça un peu dommage car cela ne donnait aucune musicalité au texte en français.


En faisant quelques recherches, je me suis rendu compte que l’édition GF Flammarion proposait les pièces Faust I et Faust II rassemblées en un ouvrage, avec une traduction versifiée de Jean Malaplate. Je pense me laisser tenter un jour par cette version car j’aimerais vraiment lire une traduction française en vers, et ce serait également l’occasion de lire la suite des aventures du docteur Faust avec Méphistophélès, Faust II, que je n’ai pas encore lue !

Pour conclure, je ne peux pas dire que ma lecture de Faust aura été une partie de plaisir. Malgré des passages obscurs, je ne doute pas de la beauté de l’œuvre, je regrette seulement d’être passée à côté et d’y avoir été particulièrement insensible, la faute à des tournures de phrases alambiqués et à un style d’écriture très "savant".

Quoiqu’il en soit, je suis tout de même contente d’avoir enfin lu ce très grand classique de la littérature allemande, et une deuxième lecture me sera nécessaire un jour, sans doute avec une autre traduction, pour mieux appréhender et apprécier cette œuvre mythique.

Solène


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