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  • Solène

"Et que ne durent que les moments doux" : fragments de vies de deux mamans

Dernière mise à jour : 23 mars


Bonjour les chatons !


Ça y est, le moment tant attendu est arrivé ! C’est l’heure de la critique du livre tiré au sort pour le premier [Défi Bibli #1]. L'heureux gagnant était Et que ne durent que les moments doux de l’autrice Virginie Grimaldi, alors le voici ! 😊


Entre Virginie Grimaldi et moi, c’est un peu les extrêmes. Je l’avais découverte en lisant son premier roman, Le premier jour du reste de ma vie, et je n’avais PAS DU TOUT accroché. À tel point que je n’étais pas sûre de lui redonner une chance ni un peu de mon temps pour lire d’autres de ses romans. Puis, à l’occasion de ce concours sur notre blog, je me suis lancée à l’assaut de son tout dernier livre en date. J’ai été agréablement surprise lors de ma lecture. L’écriture est toujours aussi « simple », fluide et facile à lire, mais a beaucoup gagné en maturité par rapport à son premier ouvrage (et c’est tout à fait normal, me direz-vous !)


Dans Et que ne durent que les moments doux, Virginie Grimaldi nous plonge dans la vie de deux femmes, Lili et Élise, qui ont comme point commun d’être toutes deux mères. Mais l’une vient de donner naissance à une petite fille prématurée et doit gérer l’angoisse de la vie dans le service de néonatalogie en même temps que son nouveau statut de maman, et l’autre doit faire face au départ du nid de ses deux grands enfants et affronter un sentiment qu’elle n’a pas connu depuis une vingtaine d’années : la solitude.



Le récit, écrit à la première personne sous forme de journal intime où chacune parle à tour de rôle, est de ce fait très immersif et nous plonge tête la première dans la vie et le quotidien de ces deux femmes drôles et attachantes, à un moment décisif de leur vie. L’une a encore l’arrogance de la jeunesse mais nous touche dans sa découverte difficile de la maternité, avec les doutes, les questions et l’angoisse qui vont avec ; l’autre a la maturité sagement gagnée par les années écoulées mais nous touche également dans ses manies de maman poule qu’elle conserve à l’égard de ses deux grands enfants. Personnellement le récit d’Élise (la « mère à la retraite ») m’a un peu plus touchée que celui de Lili.


« L’âge est une prison […] Je refuse de me laisser enfermer. Il y a des vieilles de vingt ans, moi je suis une jeune de soixante ans ! C’est à toi de décider. »

En commençant le livre, j’ai reconnu à mon grand agacement les phrases courtes, un peu la marque de fabrique de l’autrice et style d’écriture dont je ne suis pas particulièrement fan. J’aime les longs discours, pas les phrases de trois mots avec sujet + verbe balancées comme des « punchlines » pour donner une impression de rythme. Mon agacement s’est vite évanoui car dans la progression de la lecture j’ai pu constater que ces petites phrases étaient habilement utilisées.

Dans tous les cas, Virginie Grimaldi a su merveilleusement trouver les mots pour raconter avec une humanité et une sincérité incroyables l’histoire de nos deux héroïnes ordinaires. Pas de fioritures, pas d’édulcorants, juste la réalité.


« Derrière les portes des services de néonatalogie se cache une réalité que la plupart des gens préfèrent ignorer. On peut mourir à tout âge, même quand on n’a pas encore vécu. »

Recevoir chaque petit moment passé avec ses proches comme un cadeau, mais aussi être capable de profiter des instants seul.e avec soi-même et apprécier sa propre compagnie, savoir se retrouver, vivre pour soi, ne pas s’oublier pour les autres, (re)découvrir qu’on a une vie au-delà de la maternité, qu’on peut être mère mais qu’on a le droit (et le devoir) de penser à se chouchouter soi-même aussi. C’est là tout le message de ce livre. Et bien sûr, cet ouvrage est aussi une ode à tous les petits moments de la vie, souvent tellement simples qu’on n’y prête pas forcément attention sur le coup, mais où le bonheur se cache timidement, et qui deviennent par la suite nos plus beaux souvenirs.

Enfin, ce livre rend également hommage à tout le personnel soignant des services de néonatalogie, que l’autrice prend le temps de remercier à la fin de l’ouvrage, pour leur dévouement au quotidien, leur professionnalisme et leur gentillesse à toute épreuve à l’égard de parents confrontés à l’angoisse, à la douleur, au chagrin, mais aussi et heureusement à la joie.


La fin m’a énormément surprise et m’a vraiment émue aux larmes (c’est dire !!) Je remercie Virginie Grimaldi pour avoir eu l’idée de ce dénouement et de nous l’avoir servi sur un plateau ; j’ai trouvé ça ingénieux et parfait. Tout fait sens, comme une révélation, une cerise sur le gâteau, et je sors de cette lecture comblée et satisfaite.


Bilan de cette lecture : je n’étais pas forcément en bons termes avec l’écriture de Virginie Grimaldi, mais ce livre a été une très bonne surprise et je compte bien découvrir encore d’autres ouvrages de cette autrice pour affiner mon opinion.


« Qu’on me rende tous les moments durs devenus doux, maintenant qu’ils n’existent plus que dans mes souvenirs.»


Solène

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