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  • Solène

"Cujo" : l'horreur ordinaire à son paroxysme

Dernière mise à jour : 23 mars 2021


Salut les chatons !


Aujourd’hui, on parle du dernier roman du King (pas Elvis, n’est-ce-pas) que j’ai lu à ce jour : Cujo.


Vous le savez, ou ne le savez peut-être pas, Stephen King est l’un de mes auteurs favoris, si ce n’est mon auteur préféré tout court. Ce que j’aime principalement chez King, c’est sa manière de mêler à l’angoisse et à l’horreur une touche de fantastique, et de manier le suspense avec brio jusqu’à la fin.


Dans le livre qui nous intéresse aujourd’hui, Cujo est un brave saint-bernard d’une centaine de kilos, doux et affectueux. Jusqu’au jour où celui-ci chasse un lapin jusque dans une petite grotte en sous-sol et se fait mordre par une chauve-souris. De cet incident banal va naître l’horreur la plus totale pour quiconque aura désormais le malheur de croiser la route de Cujo…


Rien de vraiment surnaturel ici donc, pas de fantastique à l’horizon (à l’inverse de Ça, Shining, Salem, Carrie, Christine…) Au contraire, tout dans ce roman est criant de banalité. On suit des gens ordinaires qui mènent une vie ordinaire dans une ville ordinaire. Cujo est un chien ordinaire qui se fait mordre par une chauve-souris, ça arrive, et qui attrape la rage. Le décor est planté. C’est très simple, mais redoutablement efficace.


Et c’est là que se révèle tout le talent de King ! Sa plume virtuose fait subtilement grandir l’épouvante au fil des pages. Tout dans ce livre est tellement ordinaire, l’horreur qui va s’y installer part de si peu de choses et est tellement plausible qu’en fin de compte, c’est ce qui est le plus terrifiant. King n’épargne absolument personne dans ses personnages, il ose tout, ce qui rend son écriture dure mais tellement réaliste, et c’est pour moi une des grandes forces de son style. Finalement, les atrocités de la vraie vie sont parfois si efficaces qu’il n’est nul besoin de vampires ou de monstre dans les égouts… Et ça Stephen King l’a bien compris en écrivant Cujo ou Misery !

Ce qui arrive à certains personnages pourrait vraiment nous arriver à tous. Que ferions-nous si nous nous retrouvions dans la même situation qu’eux ? Je me suis posée cette question de nombreuses fois au cours de ma lecture, et j’ai bien été forcée de reconnaître la fatalité de la chose : il n’y a pas d’échappatoire face à certains cauchemars bien réels.


Ce roman, terrifiant de crédibilité, m’a vraiment bouleversée, comme Shining bien longtemps avant lui (dans un autre registre). Tous les autres romans de Stephen King ne me font pas forcément un tel effet (par exemple, je n’ai pas été très enthousiasmée par Docteur Sleep et Joyland) ; en revanche quand je sors à ce point secouée par une lecture, j’estime que la mission première du livre est remplie.


Et il est vrai que les œuvres du King me laissent rarement indemne !


Bonne lecture les chatons, et à très vite !



Solène

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